Si y'a bien un truc qui me rendrait fou à lier, c'est d'être privé de ma religion ultime, de ma drogue primale: la zique. Et quand je cause religion, la mienne, c'est le rock'n'roll, point barre, ho yeah. Et chez moi ça ratisse large du diamand ou du laser ma ptite dame.
Pour être franc, je suis un gros nerveux de nature, et j'ai besoin d'écouter des trucs violents, pêchus, charnus. J'aime les trucs lourds, puissants, bruyants mais qui savent laisser une place à la mélodie, histoire de contre-balancer le pôté primaire. Mon tout 1er lp, je m'en rappelle super-bien, c'était "The number of the beast" des Iron Maiden. J'étais môme, j'avais flashé sur la pochette, génialissime et diabolique. J'y connaissais queudalle en hard-rock, mais les premiers riffs de gratte distordus des vierges métalliques ont changé ma vie, clairement. J'étais devenu un homme du haut de mes 12 ans et demi.
Depuis, je suis passé par tous les stades de la rébellion adolescentes par la zique et les fringues. J'ai été hard-rocker donc (AC-DC, Saxon, Judas Priest, Iron Maiden, Metallica, Venom...), ensuite new-wave en fin de collége (Cure, Siouxsie, Lords of the new Church, Sisters of Mercy...) pour devenir logiquement punk au lycée (Dead Kennedy, Sex Pistols, Les Bérus, Peter and the test tube babies...). Plus tard je n'écoutais que de la noise (Lush, The james, Sugar, Sonic Youth...) ou les trucs qui ont bousculés les genres fin 90, genre les Pixies, Grandaddy, Nine Inch Nails...Impossible de tout citer.
Impossible de dessiner sans zique. Les séances de dédicace sont d'ailleur chiantes à ce niveau, jamais de bonne musique à s'écouter, grrrr. Faut dire, ça serait un joyeux bordel, no future!
A côté de toute cette fureur bruitiste, j'adore des trucs à l'opposé ou complémentaire. Je suis béat devant les Radiohead, les seuls vrais preneurs de risque à leur niveau de popularité, j'adore Supertramp, William sheller, Eels, Silencers...C'est trés large. Par contre pas de classique, j'essaye, mais ça me gongle illico, pas de chanson française (toute la nouvelle vague me gave carrément) ni de jazz (pas assez vieux sûrement). Non, faut que ça dépotte, que ça tâche, que ça dérange, là ça me plait. Le moins consensuel possible, que ce soit hargneux.
Donc aprés cette présentation de mes goûts, voilà ce que j'écoute en ce moment sur la table à dessin et dans la bagnole (mes deux auditoriums préférés):
Kyuss: Blues for the red sun.
Tous les albums de ces mecssont excellents, mais celui-là c'est l'ultime claque. Kyuss, c'est le stoner dans toute sa splendeur sauvage. C'est du gros son guitare façon métal mixé au psychédelisme des années 70. Ca rappelle Hawkwind, Led Zep, Pink Floyd, c'est carrément déroutant à la première écoute mais ça vous rentre dans les neurones de suite et ça vous lâche plus. C'est le premier groupe du génial (je suis fan) Josh Homme qui connaîtra les foules avec sa seconde formation, les Queens of the stone age.
Les deux premiers morceaux sont des tueries bien défoulantes.
QOTSA (j'te jure avec leurs noms à rallonge!):
Song for the deaf.Donc ça c'est le 3éme album des QOTSA mené par Homme, un compositeur-guitariste-chanteur surdoué tout droit sorti d'une BD de Bernet. J'adore ce mec, il est le rock'n'roll incarné. Qu'on le béatifie sur le champ! J'aime tout des QOTSA, chaque album est une perle, mais celui-là, c'est le coup de boule suprême. Le genre de galette dont on ne relève pas. C'est speed, lourd et inventif avec plein de clins d'oeil. Absolument indispensable. C'est un ordre. A noter le clip du morceau-tube superbe. Tout est bon dans le QOTSA.
Nine Inch Nails: With teeth NIN c'est surtout un mec: Trent Reznor, ex-punk déjanté recyclé dans l'électro qui fait mal. Une sorte de Depeche Mode en plus violent et torturé, plus subtil aussi et sans concession. Je suis ce mec depuis les années 90. Un génie toujours en recherche de sons délirants, de mélodies qui colle au cerveau avec cette vraie hargne punk derrière. Cet album est terrible dans le sens où il résume toute sa carrière. De la violence tribale des premiers albums, des recherches gothico-angoissées de Spiral, tout y est. Si le piano remixé à la pédale distors' ne vous fait pas peur, foncez.
Bob Mould: Body Song.Lui, un peu comme Josh Homme, c'est un de mes chouchoux depuis belle lurette. Au départ c'est le leader de Husker Du, un combo punk au son pourrave bien garage que j'appréciais plutôt modérement. Ensuite, il créé Sugar, nouvelle formation qui laisse trois albums géniaux de power-pop bruitiste comme j'aime, j'adhére. Aujourd'hui il s'assume tout seul avec deux anciens de Sugar dans cet album tout frais et c'est vraiment chouette. Bob est occasionnellement DJ techno et pour la première fois, la transe fait incursion dans son rock noisy et c'est réussi. la preuve j'ai son morceau techno depuis 3 jours dans la tronche...
Bon, plein d'autres à venir, vous bilez pas, mais là, j'ai d'autres chats à fouettez, si vous le permettez.