A défaut d'avoir été chaud et sec avec de vrais morceaux de soleil dedans, l'été nous a apporté une mousson de chouettes albums à écouter au chaud, dans la caisse ou à la maison, en ajustant le BA13 bien à l'équerre sur le mur (les avertis comprendront). On a pas tout perdu. Même si je me félicite comme un gros fourbe que je suis d'être resté à faire des travaux at home tandis que d'autres écopaient leurs camping-car, hahaha, les idiots! Je me moque, mais ne vous méprenez pas hein, c'est juste par pure méchanceté.

Si le printemps a été marqué pour le fanatique que je suis par la sortie du dernier chef d'oeuvre de
Nine Inch Nails (
Year Zero), dont j'ai déjà causé zissimême et que j'apprivoise tranquilos à chaque nouvelle écoute (sinon ça ne serait pas du Reznor pur jus), juillet a démarré sur un déhanché du diable, venu tout droit des cactus brûlants du désert californien: les géniaux
Queens of the Stone Age reviennent...

Un album brut, au son limite roots, mais super-sexy, des mélodies infernales à faire faire du houlà-hop à un curé intégriste, Josh Homme (prononcez "joche Hommy", bande d'incultes!) prouve que les
QOTSA se renouvélent sans arrêt sans jamais se répéter. Aucune façilité, juste du rock massif, vicieux, sex, jubilatoire. Chaud les cactus!
La surprise a été de retrouver ces bons vieux
Smashing Pumpkins aprés tant d'années.

J'ai été un énorme fan des Smash' dans les années 90 (oui, toi le jeune, sache que ce groupe existe depuis fort longtemps) mais Corgan m'avait gonflé par ses dérives, sa surproduction foutraque et ses plans foireux. J'en était resté à me réecouter avec toujours autant de bonheur leur chef d'oeuvre absolu:
Siamese Dream.
Et là, ben revoilà le Billy Corgan, toujours accompagné de ce batteur de fanfare Chamberlin, mais sans d'Arcy, la jolie bassiste et sans le grateux historique (passé chez
A Perfect Circle avec bonheur depuis longtemps). Mais la surprise est bel et bien là, en plein dans ma tronche! Cet album de reformation improbable est bon, voire excellent! On repense illico à la période
Gish/ Siamese Dreams, c'est puissant, mélodique, barré, rock, lourd, toujours avec cette voix nasale et nazillarde de Corgan qu'on adopte quand même, tant cet individu est génial à sa façon. Bon même si il se fringue comme un gourou de secte, qu'il se la pête star à mort et qu'il demande des cachets énormes (faut bien vivre et assurer sa retraite), on lui pardonne en écoutant avec bonheur l'album
Zeitgeist. Du bon gros son, les Smash' sont de retour, pourvu que ça dure!
Le clin d'oeil de l'été a été pour moi le méga-groovy album de
Goose. Oui, nom super-idiot (l'oie???), mais qui me redonne foi en l'électro.

Tandis que tout le monde se pâme devant le duo de
Justice (énième resassée de
Daft Punk, mêlant disco et électro branchouille), je découvre ces anglais qui cuisinent alégrement pop, garage, big-beat et punk.
J'étais pourtant persuadé que le big-beat était mort et enterré avec les Regrettés
Prodigy,
LeftField ou
Junkie XL, ben non. Les mecs de
Goose nous propose une galette à vous fendre les enceintes où chaque piste est une invitation à la dance obligatoire. Faut être sourd ou trés à droite pour ne pas bouger sur ce vrai trésor. On sent bien l'influence british-pop mais les voix font vite penser aux déjantés des
Death From Above 1979 (le dernier vrai groupe pnk ultime à l'album unique, voir plus bas sur ce blog) assurant un côté bien destroy à l'ensemble. Du gros bonheur pour animer vos soirées tiédasses. Forcément, si vous tentiez de mettre l'ambiance avec le trés déçevant dernier opus des
Chemical Brothers, je vous plains.

Et puis trés récemment, allélouïa! Le retour inespéré de mes suisses préférés, à savoir les
Young Gods! Bon, suisses préférés aprés mon éditeur, son chien et ses collègues hein, bien-sûr, hahaha. Mais ces gars de Fribourg (la pire dédicace en FNAC de ma vie d'ailleur!) me font vibrer dés qu'ils approchent un synthé, un micro ou quelques fûts. Et là, ils y vont pas de mains mortes ces anciens de l'indus européen que même Reznor nous envie, retour aux sources (ça doit être à la mode en ce moment, hein Billy?) avec un
Super Ready/ Fragmente qui dépote grave et nous remplis les tympans bien comme il faut. Un must.
Dernière trouvaille, la galette toute fraîche des nobles et vénérés
Skinny Puppy. Ces grands anciens des années 80 (créateur de l'indus, quand même), ces canadiens qui ont vite torturés les sons les plus expérimentaux et qui ont directement influencé des mecs comme Reznor

(ce serait grâce à eux que
NIN serait né) reviennent aprés des années de silence avec un opus envoutant à déguster sur plusieurs écoutes, tant le travail sur les ambiances, les sons, les séquences est balaize. C'est violent, planant, inquiétant et toujours entraînant, indescriptible, mais vraiment classe! Grosse émotion assurée.
Evidemment, c'est avec une impatience grosse comme ça que j'attendsle prochain
Ministry, ou le nouveau
Prong, mais déjà, avec ces quelques albums, l'été 2007 a été un excellent crû. Si ça peut vous donner des idées, vous privez pas, c'est que du bon!